Transport maritime du pétrole et du gaz : routes, navires et enjeux climatiques

Actualisé le 09.01.2026

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Sciences de l'ingénieur
Opération de chargement d'un navire pétrolier près d'une barge off-shore géante

Le fret pétrolier et gazier représente près d’un tiers du commerce maritime mondial. Les navires qui transportent le   et les produits raffinés sont appelés pétroliers, ceux qui transportent du et du sont appelés gaziers. Ils sillonnent les grandes routes du monde, en passant par des lieux stratégiques, comme les détroits d’Ormuz, de Malacca, ou les canaux du Suez et de Panama. 

Le fret maritime: un pilier du commerce mondial du pétrole et du gaz

De très importantes quantités de pétrole brut, de produits raffinés et de gaz circulent par bateau entre lieux de production, raffineries et centres de consommation. Le fret pétrolier représente environ 30 % du volume du commerce maritime mondial.

En 2023, le transport de pétrole brut par voie maritime s’est élevé à 2,1 milliards de tonnes. Le chiffre pour les produits raffinés et le gaz liquéfié a atteint 2,3 milliards de tonnes 1.

Depuis plusieurs décennies, le transport de produits raffinés croit plus rapidement que celui de pétrole brut : il est devenu dominant en 2019.

Ce changement est lié aux bouleversements du monde du : construction de raffineries géantes dans les pays producteurs (notamment dans le Golfe), nouvelles capacités exportatrices des Etats-Unis, besoins grandissants des pays émergents. Le gaz naturel liquéfié (GNL a continué sa croissance dans le même temps.

12 000
le nombre de navires pétroliers dans le monde

En 2025, la capacité totale de la flotte pétrolière mondiale était de 670 millions de tonnes pour plus de  12 000 pétroliers. Cette capacité a plus que doublé entre 2000 et 2025 pour répondre à la croissance de la demande mondiale.

Le saviez-vous ?
Les plus grands navires pétroliers transportent 2 millions de barils, soit 320 millions de litres… l’équivalent de 130 piscines olympiques.

On classe les navires pétroliers selon leur capacité exprimée en « tonnes de port en lourd » (capacité maximale de chargement d’un navire). Les flottes de transport de pétrole brut sont constituées de VLCC (Very large crude carriers), d'une capacité d’environ 300 000 tonnes (équivalent à 2 millions de barils), de Suezmax (environ 150 000 tonnes et 1 million de barils) et d’Aframax (de 80 000 à 120 000 tonnes, environ 700 000 barils). 

Les transports de produits raffinés (essence, gasoil, kérosène, produits chimiques, ) sont constitués de plus petits navires, adaptés à la taille des cargaisons et capables de décharger dans de nombreux ports au plus près des consommateurs. Les plus grands sont appelés Long Range 2 (LR2) et font environ 250 mètres de longueur. 

Le gaz est transporté sous forme liquide : cela permet de réduire son volume de plusieurs centaines de fois et d’augmenter les quantités transportées. Le gaz naturel liquéfié (GNL) est transporté à bord de méthaniers à une température de -162°C.La capacité des pétroliers est contrainte par les détroits, ports et canaux qui leur imposent des largeurs ou des tirants d’eau maximum. Par exemple, les Suezmax dont le tirant d’eau ne doit pas dépasser 20 mètres pour pouvoir utiliser le canal de Suez.  

Les coûts de transport de pétrole et de gaz sont connus sous le nom de fret. Ils fluctuent en fonction de l’offre et de la demande : pour un même trajet et un même navire, ils peuvent varier significativement selon la période de l'année. Ces frais de transport représentent quelques pourcents de la valeur du pétrole et du gaz. 

Les routes maritimes du pétrole et du gaz : détroits et canaux stratégiques 

Pour le pétrole brut, les routes les plus fréquentées partent du Moyen-Orient, d’Afrique de l’Ouest et d’Amérique Latine. Elles traversent le détroit de Bab el-Mandeb, séparant Djibouti (Afrique) du Yémen (péninsule arabique), ou celui d'Ormuz situé dans le golfe Persique (séparant les Emirats Arabes Unis et Oman d’avec l’Iran), principal point de passage pétrolier dans le monde. Ils rallient ensuite, lors de voyages qui durent de 15 jours à un mois :   

  • l'Asie via le détroit de Malacca, entre Sumatra et la Malaisie, 
  • l'Europe via le canal de Suez ou, s’ils sont trop larges, via le cap de Bonne-Espérance, puis l’Europe du Nord via La Manche2. 

Les méthaniers suivent des routes différentes : ils partent principalement des Etats-Unis, du Qatar, de la Russie, d’Australie et du Nigéria et vont vers l’Asie ou l’Europe. 

Avec l'accroissement de la demande asiatique, le canal de Panama, voit transiter un fret pétrolier de plus en plus conséquent : il a été élargi en 2016 pour que des navires de plus grande taille puissent l’utiliser. Sa largeur est passée de 32 mètres à 51 mètres.   

Ces routes sont néanmoins très sensibles aux bouleversements géopolitiques et climatiques. L’utilisation du canal de Suez est par exemple largement dépendante de la situation au Proche Orient et le canal de Panama a connu récemment des périodes de fermeture liées à une intense sécheresse provoquant des niveaux d’eau trop bas. Parfois, de simples accidents suffisent à perturber les routes maritimes : en 2021, un porte-conteneur s’est échoué dans le canal de Suez et l’a bloqué pendant six jours ! 

Transition énergétique et réglementation : quel avenir pour la flotte mondiale ?  

La flotte mondiale de pétroliers et de gaziers a émis plus de 320 millions de tonnes de gaz à (GES) en 2023 (environ 1 % des émissions mondiales annuelles).3 

L’Organisation Maritime Internationale (OMI) a adopté plusieurs réglementations environnementales depuis 2010 qui ont des impacts concrets sur les navires. Par exemple, les réglementations d’ (EEDI et EEXI) ont contribué au ralentissement de la vitesse des navires. Parallèlement, la taxe carbone européenne (ETS) et la réglementation FuelEU Maritime visent à encourager l’utilisation de carburants moins carbonés. 

De nouveaux carburants (gaz naturel liquéfié, gaz de pétrole liquéfié, , ammoniac, …) ont fait leur apparition ces dernières années pour répondre à ces nouvelles règlementations. Les équipements d’efficacité énergétique qui permettent de diminuer la pollution et les coûts opérationnels sont en constante progression. Toutes ces nouvelles technologies sont particulièrement adaptées aux pétroliers qui disposent de place sur leur pont. 

Sources :